Note artistique de l’auteur 

Sa place, comment la trouver ?

Zoé, 20 ans, a pris la route afin de donner un peu de sens à son existence, de rencontrer ceux qui en valent la peine,,.. Attirée vers la spiritualité, elle lit un livre sur Sainte Thérèse de Lisieux et expédie ses poèmes à un écrivain qu’elle admire et vers lequel elle se dirige peut-être.

Elle semble revenir d’une expérience de sexualité exacerbée : « Ce qui m’amuse c’est de baiser avec de filles et des mecs », dit-elle dans une des premières scènes. Pourtant elle ne semble pas y avoir trouvé son compte puisqu’elle ajoute « même si après on ne se sent pas toujours très formidable ».

Zoé et Adrien

Adrien, jeune garçon charmant et malicieux, fasciné par cette fille mystérieuse, se décide à la suivre et change de destination, quitte à mettre en péril son histoire sentimentale avec Louise, son amoureuse.

Zoé laisse Adrien la suivre, mais le désir sincère qu’il ressent pour elle lui fait extrêmement peur. Zoé veut bien s’amuser mais elle ne veut pas d’une histoire sentimentale avec lui. Dans sa tête et dans son cœur il y a déjà cet écrivain qui prend beaucoup de place et elle n’a pas l’impression qu’il puisse en rester assez pour Adrien.

Même si aux yeux d’Adrien parfois, et certainement aux yeux des autres, Zoé apparaît comme une « sale gamine », un peu ado attardée, insaisissable tant elle se laisse guider par son instinct et ses contradictions il est persuadé qu’il pourra la séduire. il fait l’effort de revenir vers elle pour tenter de la comprendre vraiment et lui prouver la sincérité de son intérêt pour elle.

Pars, reste, reviens, laisse moi en paix…
Zoé et Adrien oscillent entre des pulsions contradictoires qui s’expriment le plus souvent à travers leurs regards qui se croisent, se cherchent et se détournent. Ces mouvements d’approche et de recul traduisent leur difficulté à avoir accès à l’autre même s’ils partagent aussi des moments de grande drôlerie. Mais à chaque regard se pose la question de ce qu’il va advenir d’eux…

La légèreté

Lorsque j’ai écrit ce scénario, je n’avais pas encore trouvé le ton du film mais j’étais persuadée qu’il ne faudrait pas le jouer de façon dramatique. C’est en rencontrant David, un acteur plein d’énergie, et de cette grande et belle fantaisie que je recherchais, que j’ai su que je commençais à « tenir » mon film. Restait à rencontrer Alice de Lencquesaing que j’avais aimé dans le film « Le père de mes enfants » de Mia Hansen Love. Elle m’est tout de suite apparue comme la Zoé idéale.

Vite, il fallait tourner : David enchaînant rapidement avec une année au théâtre et Alice étant couverte de projets. Nous avons néanmoins pu bloquer trois semaines et tourner le film. Et le film est devenu, grâce à eux deux, à la fois plus léger et plus riche encore.

Le travail avec les acteurs

Faire ce premier film m’a permis d’être au plus près des acteurs, de les voir évoluer à travers leurs personnages, de les regarder se rencontrer aussi. J’ai choisi d’articuler le film autour de ce travail, de tricoter le rapport entre Zoé et Adrien autant que celui entre Alice et de David. J’ai voulu que ce « quatuor » s’emmêle au point que les personnages deviennent la somme de ce qui était écrit et de leurs caractères.

Ce film suit donc les variations sentimentales ambiguës de ce duo, capte les émotions contradictoires que chacun traverse tout en gardant la touche de fantaisie indispensable.

Malgré le manque d’argent et le court temps de tournage, nous avons pu (en suivant la chronologie du scénario) remettre en questions certaines scènes et en discuter ensemble. C’était une expérience riche et intense, pas toujours simple où chacun a dû chercher sa place et l’a finalement trouvée.

Lorsque je regarde le résultat, que je vois ces deux acteurs s’animer, je ne peux qu’être contente du résultat et voir combien nous avons progressé à l’intérieur de chaque scène grâce à la douzaine de prises que nous avons souvent tournées.

Amélie van Elmbt
18 avril 2012